Méditation

Ceux qui auront pratiqué la méditation de manière assidue ont vu leur attitude changer significativement, ils sont devenus plus présents.

La technique développe la concentration par la fixation du mental sur un point unique en se servant de la respiration comme repaire.  La pratique apporte avec le temps un renforcement de la patience et de la tolérance dans les rapports avec les autres, mais aussi par rapport au  travail avec un accroissement de la persévérance.

IL devient plus évident pour celui qui médite que l’origine de l’efficacité dans l’action se trouve dans la maîtrise du mental.  De dispersé a concentré le geste et l’action vont droit au but sans hésiter, le travail est assuré et précis.

Pour arriver a un résultat concret et applicable, il faut toutefois y consacrer du temps et cela devient difficile dans le contexte d’un environnement structurellement dispersif comme celui de la ville moderne.

L’environnement urbain est à l’image des citadins qui l’habitent, il attire continuellement hors du centre les sens en les excitants de multiples façons. La majorité n’a rien contre, y trouvant leur compte qui se résume à la satisfaction de leurs désirs et passions. Le problème étant la chandelle qui se consume par les deux bouts, les ressources qui sont consommées au rythme exponentiel d’une hémorragie planétaire impossible a endiguer. La fin du rêve sera abrupte et qui dit fin soudaine, dit aussi douleur et souffrance, comme de se retrouver au froid après avoir été longtemps au chaud, des dépendances qui tout à coup ne trouvent plus rien pour les satisfaire.

Lorsque l’on est à l’intérieur du manège qu’est cette ville, il devient difficile de constater l’impact qu’elle a sur notre vie et par extension sur la vie en général.

Un changement de mode de vie que demande la transition entre la dispersion et la concentration comprend l’adoption de la méditation comme une pratique quotidienne et nécessaire au même titre que les autres activités essentielles. Le projet d’écohameau de la fondation Libérons la Terre propose l’inclusion de la pratique méditative comme une des conditions pour les habitants potentiels.

IL faut la pratiquer avant d’en comprendre l’utilité, d’en ressentir les bénéfices.

Émotions

Un changement significatif se produit chez le méditant en ce qui concerne l’ampleur des émotions qu’il ressent.  Les grosses vagues s’atténuent et à la limite les événements qui le concerne ne causent plus ou très peu d’émotions. Cette évolution des sentiments passe par une phase où l’émotion se manifeste encore de manière importante, mais ne laisse pas la trace qui est assimilée au ressentiment.  Je peux être surpris par un bruit soudain, sursauter, mais ne tombe pas dans la peur ou la paranoïa alimentée par un mental débridé.

Les bénéfices deviennent évidents pour le pratiquant assidu et persévérant, mais aussi pour ceux qui le côtoient.

Le conseil quant à quelle technique de méditation il faut adopter, la plus épurée et simple est la plus efficace.

L’esprit primitif

IL s’agit de retrouver sa nature originelle en arrêtant le flot incessant des pensées. Pour y arriver, la technique consiste à occuper le mental en le confinant dans une tâche simple et répétitive, ce qui permet de révéler, avec le temps la véritable nature de l’esprit, transparent, spacieux et clair.
Malgré que plusieurs croient qu’il est inutile de méditer ou qu’ils le font à leur manière et que cela leur convient, la première condition de la réussite est d’y croire et il ne sert à rien d’insister auprès de ceux qui disent ne pas en avoir besoin.

Pour ceux intéressés par la méditation, je puis conseiller de ne pas avoir d’attentes démesurées si ce n’est de se sentir progressivement mieux dans sa peau. Ceux qui s’y mettent dans l’espoir de l’illumination ou du nirvana sont les premiers à abandonner. Ce qui ne veux pas dire que ces buts son inatteignable cela veut dire qu’il ne faut pas regarder le sommet, mais plutôt vivre chacun des pas qui y mènent. La méditation sert d’ancrage dans le présent en permettant à l’esprit de se calmer et de se concentrer. Les pensées sont un aspect de l’esprit et elles ont un effet dispersif sur l’énergie vitale. La méditation est d’observer les pensées qui vont et viennent sans les alimenter sans les suivre ou les réprimer. Lorsque l’on ne porte pas d’attention aux pensées elles ne s’accrochent pas, ne causent pas d’émotions. Avec le temps et une pratique quotidienne, il se construit en nous un temple d’où rayonne une lumière apaisante. Cette image du temple c’est l’effet de la méditation dans notre vie quotidienne, l’apaisement du mental est suivi par une attitude moins réactive face aux événements dans notre vie. De renouer avec l’esprit primitif permet de lâcher prise sur l’ego qui est comme les pensées qui vont et viennent désormais perçu comme illusoire parce qu’impermanent. Je deviens plus centré et efficace en réduisant les impulsions qui autrefois me poussaient dans des actions dispersives et inutiles.

J’identifie maintenant les impulsions qui sont déclenchées par des désirs sans substances et coupe a la source ce qui les alimente.  Sans combustible ils s’évanouissent tout comme ils sont apparus, et ce sans laisser de traces.
 

Comme le mentionnent plusieurs récits décrivant l’éveil, n’importe qui peut s’éveiller en s’identifiant tout à coup à l’esprit primitif, et ce sans avoir médité. Pour cela il faut s’abandonner totalement et cette ouverture survient quelquefois dans des circonstances extrêmes comme l’imminence ou la proximité de la mort. Des histoires de bandits qui se convertissent après un éveil suscité par une rencontre avec un sage sont aussi nombreuses.  Ces criminels sont habituellement touchés par le degré de détachement du sage, eux qui font leur vie des passions et désirs des gens sont déstabilisés par l’impossibilité de profiter de lui.  IL n’y a rien a voler ou à utiliser, l’esprit primitif est imprenable.

Spiritual reality, Power of meditation


Centré ou dispersé ?

En posant cette question, nous pouvons tenter d’y répondre en disant que celui qui se contente de ce qu’il est et de ce qu’il a est plutôt centré par rapport à celui qui cherche ailleurs de quoi se satisfaire et qui tente de ressembler a quelqu’un d’autre qu’il croit meilleur que lui-même.

En quoi le recentrage est-il important en terme d’économie ? Les dépenses consenties pour atteindre ces lieux éloignés où l’éparpillement est la norme sont contraire au principe d’économie qui propose de se contenter et de faire avec ce que l’on a, ces dépenses ne peuvent qu’amplifier le besoin de se disperser.

Les Orientaux qui ont utilisé la vision cyclique en expliquant les différentes phases que ce cycle traverse circonscrivent dans les deux dernières phases des quatre qu’il contient celles de l’extériorisation. Pour la vie humaine, cette extériorisation se manifeste par la dispersion de l’individu, sa propension à se dépenser sans retenue dans des domaines qui sont eux-mêmes dispersés. Le joueur qu’il est ne joue pas qu’au casino, il gage continuellement sa vitalité dans toutes ses actions.

Le milieu dans lequel l`on se trouve peut être fondamentalement dispersé et c’est le trait commun de ces endroits qui doivent importer les ressources nécessaires pour faire vivre ses populations. IL n’est pas possible de se recentrer dans ces lieux, tout attire loin du centre, car pour exister ce lieu doit dépendre de ressources de plus en plus lointaines et difficiles à obtenir. Le danger vient justement de la facilité artificielle que l’individu méprend pour la réalité. IL se forge ainsi une fausse image de la réalité, lourde armure qui l’empêche de quitter cet endroit qui le vampirise.

Dans ces lieux, les héros sont des modèles de dispersion, mais c’est quand même à eux que l’homme ordinaire veut ressembler. Celui qui est centré est inintéressant et inconnu de la foule, c’est là le symptôme qui détermine cette phase extériorisée du cycle, les sages sont anonymes et les insensés encensés.

Comment reconnaître la dispersion et comment se recentrer ?

IL faut d’abord comprendre que la foule est par essence attirée par le paraître et facilement entraînée à suivre des modes dilatoires. Un gouvernement centré  ne gouverne pas, il ne fait qu’encourager les conditions pour le recentrage de sa population. C’est par un  milieu sain que le peuple peut vivre sainement.  Puisque l.’époque actuelle en est une d’extrême dispersion, que les villes en sont l’expression, il ne sert à rien de tenter d’y remédier en ces lieux, cela est au-delà du pouvoir des hommes, cela échoit à la planète comme organisme vivant d’y voir. Se soucier de ce sur quoi nous n’avons aucun contrôle est un signe de dispersion.

De même, et plus localement, l’individu doit voir à se retrouver au sein d’un milieu qui le poussera à se recentrer de par les conditions qui s’y trouvent. Cet homme doit toutefois comprendre sa tendance à la dispersion et accepter d’être guidé par ceux qui déjà centrés sont à même de le ramener vers son centre.

Faire le deuil du nombre est la plus grande difficulté pour l’être dispersé, il cherche la foule et les stimulations nombreuses, ne trouve plus son contentement dans le peu et la qualité, c’est de la quantité qu’il croit pouvoir le satisfaire. S’il se ferme a ceux qui pourraient l’aider, il devient un vecteur de dispersion pour ceux qui s’y trouvent, un élément pathogène susceptible d’infecter l’organisme social. Ce phénomène est visible dans les pays émergents où les populations autrefois frugales en sont à adopter les modes dispendieuses et polluantes des Occidentaux.

La méthode proposée par plusieurs de ceux qui prônent le retour vers le centre passe par la production alimentaire locale, l’engagement individuel dans cette activité centrale parce qu’en lien avec des besoins fondamentaux. Du centre vers la périphérie est la prise de conscience que l’homme doit aussi tenir compte de son milieu, qu’il doit le nourrir adéquatement, éviter de puiser au-delà de ses capacités naturelles de renouvellement.

La terre du milieu est cette région qu’il faut rejoindre.

Partons d’où nous sommes et cherchons cette terre du milieu tout d’abord en nous même. Le conseil de délaisser ce qui pousse vers l’extérieur est une première étape et cela concerne les aliments autant qui entrent par la bouche que par les autres sens, dont la vue et l’ouïe.

Si j’ai ciblé et nommé certains de ces aliments, c’est que mon expérience personnelle est d’abord en cause, puis mon mental s’en est mêlé pour découvrir un fait troublant concernant ces aliments, ils ont tous été des vecteurs de misère sociale. Puisque ma vision devient globale, je trace facilement le lien entre injustice sociale et abus de mes cellules et organes dans mon propre corps.   Le sucre , le café, les aliments industriels en général sont produits en niant les droits fondamentaux des peuples indigènes, dont la biodiversité.

Ces abus au sein du corps sont désormais évidents en ce qui concerne les maladies modernes et leur expansion fulgurante dans les pays grands consommateurs de ces aliments.

Mais le déni de l’évidence atteint en même temps un point culminant, toujours la technoscience évoque des découvertes révolutionnaires à même de tout régler dans un avenir proche. Comme la carotte au bout du bâton pour faire avancer l’âne, le peuple espère la solution miracle. Les sophistes sont nombreux et ils sont les invités prestigieux des tribunes populaires, ils ont un discours où les mots sonnent comme des solutions, sont choisis avec soin et habillés de phrases savantes, le paraître est à son comble, rien n’est fait dans le concret. Le Titanic de la dispersion se dirige tout droit vers l’iceberg de son destin funeste.

Puisqu’il faut comprendre la tendance individuelle à la dispersion, ramenons la réalité de ces grands orateurs au dialogue entre le cerveau et le corps où le premier convainc le deuxième de se disperser, de dépenser de manière exagérée son énergie en utilisant des arguments irréalistes. IL se sert alors d’exemples lointains, de ces héros isolés qui sont devenus millionnaires et qui de ce moment peuvent, croient-ils, tout accomplir.
Le regard extérieur qu’il a sur la supposée réussite de ces héros, n’a rien a voir avec ce qu’ils vivent réellement. Cette dispersion est alimentée par l’illusion d’une réussite que l’on imagine comme telle, sans vraiment connaître le quotidien de ces modèles.

IL est une conséquence de la dispersion extrême et elle est peu ou pas évoquée par tous ceux qui font leurs choux gras de la compulsivité de ceux qui consomment sans compter, en croyant que cette fois la mise qu’ils feront sera gagnante. La faillite n’est pas qu’économique elle est aussi en lien avec la santé que l’on perd, la maladie devenue chronique.  Bien que ces lieux extrêmes permettent une certaine atténuation de ces maladies tant que les moyens la permettent, le destin sera toujours un effondrement sans appel si le retour vers le centre se fait trop attendre.

La nature ne se soucie pas des intentions de l’Homme, aussi bonnes soient-elles, elle ne réagit positivement qu’aux actes qui vont dans le sens contraire des abus qui l’épuise. Pour que la maladie régresse, il faut cesser de causer ce qui la provoque.
Ce n’est que l’homme, parmi les êtres vivants, qui arrive à se convaincre de  solutions intellectuelles désincarnées de la réalité. Cet homme est dispersé et par cet éloignement de son centre, ne peut qu’augmenter la distance.  IL recherche la vitesse sans considérer le gaspillage qu’elle entraîne, parce qu’il ne peut le voir puisque son attention est continuellement appelée ailleurs que sur le focus nécessaire à toute conscience véritable.